1 famille sur 3 en France a une mère ou belle-mère de plus de 75 ans qui ne voit plus assez bien pour vivre seule. Et derrière chacune de ces mères, il y a presque toujours une fille - parfois un fils - qui assume, jour après jour, ce que l'on appelle pudiquement « l'accompagnement ».

Le dimanche 31 mai 2026, on célèbre les mères. Mais qui célèbre les filles ? Selon la DREES, près de 11 millions de Français accompagnent au quotidien un proche en perte d'autonomie, et les femmes représentent 60 % de ces aidants familiaux. Pour les mères vieillissantes touchées par une DMLA, un glaucome ou une cataracte avancée, ce sont leurs propres filles qui deviennent leurs « yeux du quotidien ». Ce reportage donne la parole à Brigitte, 58 ans, aidante de sa mère atteinte de DMLA depuis sept ans, et propose un guide concret pour mieux comprendre, soulager et financer cette charge.

La charge mentale d'être aidante : ce que disent les chiffres

La DREES publie chaque année une enquête sur les aidants. L'édition 2024-2025 révèle plusieurs réalités frappantes. Les aidantes consacrent en moyenne 22 heures par semaine à leur parent en perte de vision, soit l'équivalent d'un mi-temps non rémunéré. 43 % d'entre elles déclarent ressentir une fatigue physique chronique, et 37 % rapportent un épuisement émotionnel modéré à sévère. Une aidante sur deux a déjà renoncé à des vacances, et une sur trois à une promotion professionnelle.

L'association France Alzheimer, qui couvre aussi les aidants de personnes très âgées malvoyantes, parle d'un « syndrome du proche aidant » comparable à un burn-out professionnel : troubles du sommeil, isolement social, sentiment de culpabilité, anxiété anticipatoire. Pour les filles aidantes d'une mère DMLA, ce syndrome est amplifié par la nature progressive et imprévisible de la pathologie. Chaque trimestre, on découvre une nouvelle « impossibilité » : ne plus pouvoir lire les courriers, ne plus identifier les médicaments, ne plus reconnaître les visages.

Les 6 défis quotidiens d'une aidante d'un parent malvoyant

1. La lecture du courrier

C'est souvent le premier signal d'alerte. La mère qui ouvre son courrier, met les enveloppes en pile « à voir plus tard », puis appelle sa fille en panique trois semaines plus tard parce qu'elle a manqué un rappel d'impôts ou une convocation médicale. 32 % des aidantes interrogées par la DREES font la lecture des courriers chaque semaine. Les courriers administratifs (impôts, CAF, mutuelle, ARS, retraites) sont particulièrement anxiogènes : police petite, langage technique, dates limites strictes.

2. La gestion des médicaments

Quand on a 80 ans et une DMLA bilatérale, lire « 1 comprimé matin, midi et soir pendant 7 jours » sur une boîte minuscule devient impossible. L'ANSM recense 8 % des hospitalisations chez les plus de 75 ans liées à une erreur médicamenteuse, et les troubles visuels figurent parmi les premières causes. Les aidantes préparent souvent des piluliers hebdomadaires, étiquettent les flacons au gros marqueur, ou installent des applications de rappel. Un poste de stress majeur.

3. Les sorties extérieures

Le rendez-vous chez le médecin, la course à la pharmacie, le passage à la banque, la visite au cimetière le 1er novembre. Quand la mère ne voit plus suffisamment pour se déplacer seule, l'aidante devient chauffeur-accompagnatrice. À Paris, où l'on ne stationne plus, ces trajets prennent souvent deux heures pour vingt minutes utiles. En province, c'est la voiture personnelle, parfois 80 km aller-retour pour un contrôle ophtalmologique.

4. La sécurité au domicile

Les chutes sont la première cause de mortalité accidentelle chez les plus de 65 ans en France (12 000 décès par an selon Santé publique France), et la malvoyance multiplie le risque par trois. Les aidantes réorganisent l'appartement : tapis fixés au sol, prises lumineuses, contraste sur les marches, gros boutons sur la cuisinière. Beaucoup installent aussi une téléassistance (entre 25 et 40 € par mois), parfois cofinancée par l'APA.

5. La gestion financière

Quand on ne lit plus les relevés, on ne contrôle plus son compte. Beaucoup d'aidantes obtiennent une procuration bancaire ou installent une habilitation familiale pour gérer les prélèvements, repérer les arnaques téléphoniques (fausses urgences, faux conseillers), et maintenir l'autonomie administrative de leur mère. La banque devient un point de tension : la directrice d'agence change, les automates ne sont pas accessibles, le chéquier n'existe presque plus.

6. Le lien social

Sans doute le défi le plus douloureux. Une mère qui ne voit plus ne lit plus les SMS, ne reconnaît plus les visages au marché, n'ose plus aller au club du troisième âge. L'AVH (Association Valentin Haüy) estime que 47 % des personnes malvoyantes de plus de 75 ans souffrent d'isolement social objectif. L'aidante devient le seul lien quotidien - coup de fil tous les soirs, photos de la famille décrites au téléphone, dimanches en pension complète.

Témoignage : Brigitte, 58 ans, fille de Geneviève (84 ans, DMLA)

« Ma mère a appris sa DMLA en 2019. Au début, elle compensait avec une grosse loupe. Et puis l'œil droit a lâché en 2022. Depuis, c'est moi. Tous les jours. Je suis comptable à La Défense, ma mère habite à Maisons-Laffitte. Je passe chez elle le soir trois fois par semaine, je lis le courrier, je remplis le pilulier, on regarde une série à la télévision même si elle entend surtout. Le week-end, c'est les courses, le pressing, et un dimanche sur deux le repas de famille où je raconte tout à voix haute : qui est là, ce qu'on a fait, les photos. Je ne dis pas que c'est dur - je dis que c'est invisible. »

Brigitte témoigne pour Lumyeye depuis novembre 2025, quand sa mère a commencé à utiliser l'application. « Ce qui a changé, c'est qu'elle ne m'appelle plus pour me dire " j'ai reçu un courrier mais je n'arrive pas à lire ". Elle prend une photo, l'app lui lit le contenu à voix haute, et elle me transfère seulement ce qui pose vraiment problème. J'ai retrouvé une heure ou deux par semaine. Et surtout, elle a retrouvé un peu d'autonomie - elle aime ça, qu'on ne décide plus tout pour elle. »

Comment Lumyeye Pro a changé leur quotidien

Lumyeye est une application vocale d'intelligence artificielle installée sur l'iPhone ou l'Android du parent malvoyant. Elle remplit cinq usages quotidiens identifiés comme les plus chronophages pour les aidantes :

  • Lecture du courrier en photo. Le parent prend une photo de l'enveloppe ou de la lettre, l'IA la lit à voix haute en français naturel, en deux ou trois secondes.
  • Aide à la lecture des boîtes de médicaments. Boîte, blister, notice : Lumyeye lit à voix haute le texte imprimé. Pour toute prise effective (posologie, indication, contre-indication), la décision reste celle du médecin ou du pharmacien.
  • Description de scène. Pour savoir « qui est sur la photo de famille » ou « ce qu'il y a sur la table », l'app décrit l'image en quelques phrases.
  • Conversation avec un assistant vocal. Le parent peut poser des questions à voix haute, comme à une personne - pas besoin de taper, pas besoin de menus déroulants.
  • Compatibilité VoiceOver et boutons larges. Pensée dès le départ pour les yeux fatigués et les doigts moins agiles.

Lumyeye Pro propose 40 demandes gratuites sans carte bancaire pour tester l'application, puis 16,99 €/mois. Lumyeye Classique offre environ 30 demandes gratuites et 14,90 €/mois ensuite. Pour beaucoup d'aidantes, l'investissement est immédiatement compensé par les heures non passées à lire le courrier ou à expliquer des notices au téléphone.

Aides MDPH et solutions de répit pour les aidants

La France dispose d'un cadre d'aides publiques que beaucoup d'aidantes ignorent ou méconnaissent. Voici les principaux dispositifs en 2026 :

APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie)

Versée par le département à partir de 60 ans pour les parents en perte d'autonomie (GIR 1 à 4). Elle finance les heures d'auxiliaire de vie, l'adaptation du logement, certains matériels. Montant moyen 2026 : entre 380 € et 1 800 € par mois selon le GIR. La malvoyance pèse fortement dans l'évaluation AGGIR.

PCH (Prestation de Compensation du Handicap)

Pour les adultes en situation de handicap visuel avant 60 ans (option ouverte jusqu'à 75 ans pour ceux qui rempliraient les critères avant 60 ans). Plafond aides techniques : 13 200 € sur 10 ans, ce qui permet de financer l'abonnement Lumyeye et d'autres équipements adaptés. Voir notre guide PCH dédié.

Aide au répit (loi 2015)

Depuis 2015, l'APA inclut un volet « droit au répit » de jusqu'à 540 € par an pour permettre à l'aidant de souffler : accueil de jour, hébergement temporaire, séjour de répit en pension de famille. Trop peu utilisé : seulement 12 % des aidants éligibles le sollicitent.

Congé de proche aidant

Trois mois renouvelables, indemnisés à hauteur de 65 € par jour (AJPA), pour suspendre son emploi sans le perdre. Cumulable avec le télétravail partiel.

La fête des mères quand on est aidante

La fête des mères n'est pas un dimanche comme les autres pour une aidante. C'est souvent une journée de double charge : préparer le repas, gérer la table et les transports, expliquer à voix haute qui est sur la photo de famille, contenir l'émotion d'une mère qui ne reconnaît plus tous ses petits-enfants au premier regard. Pour beaucoup, la meilleure idée cadeau n'est pas une fleur - c'est un outil qui rend leur mère un peu plus autonome.

En mai 2026, Lumyeye propose donc une logique simple : offrir un mois d'abonnement à sa mère malvoyante, c'est s'offrir à soi-même un peu de répit. Cela ne remplace pas l'amour, la présence, les visites. Cela libère du temps pour les choses qui comptent : se promener ensemble, regarder un album photo en se le faisant décrire, manger sans avoir à lire le menu à voix haute.

Pour aller plus loin, consultez notre page dédiée aux profils d'utilisateurs Lumyeye, notre guide complet PCH pour adultes malvoyants, ou la biographie d'Alban Clochet, fondateur de Lumyeye, lui-même inspiré par sa propre grand-mère Arlette devenue non-voyante à 91 ans.

Sources et références

  • DREES - Enquête CARE auprès des aidants familiaux, édition 2024-2025
  • France Alzheimer - Rapport « Aidants familiaux et perte d'autonomie », 2024
  • AVH (Association Valentin Haüy) - Observatoire de l'isolement des personnes malvoyantes, 2025
  • Santé publique France - Chutes des personnes âgées, données 2024
  • ANSM - Erreurs médicamenteuses chez les seniors, rapport 2024
  • Service-public.fr - Aide au répit (APA), AJPA, congé de proche aidant, 2026