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Pathologies · 8 mars 2026 · 9 min de lecture · 2200 mots

Journée des femmes : pourquoi la DMLA touche davantage les femmes

Les femmes représentent 65 % des cas de DMLA en France. Pourquoi cette disparité ? Pour la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars 2026, Lumyeye fait le point sur une asymétrie longtemps minimisée : hormones, espérance de vie, génétique, biais de diagnostic. Et présente ce qui change concrètement, au quotidien, quand la vision centrale baisse.

Article rédigé par Alban Clochet, fondateur de Lumyeye · Publié le 8 mars 2026

Une asymétrie de santé longtemps ignorée

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est la première cause de handicap visuel sévère en France après 50 ans. Mais dès qu'on regarde les chiffres par genre, une anomalie saute aux yeux : environ 65 % des personnes atteintes sont des femmes, selon les données INSERM 2024 et les registres européens.

Pendant longtemps, cette différence a été attribuée à l'espérance de vie supérieure des femmes - comme si la DMLA n'était qu'un effet mécanique du temps. La recherche des quinze dernières années dit autre chose. La biologie spécifique des femmes interagit avec la rétine, et plusieurs hypothèses se renforcent : hormones, génétique, facteurs de mode de vie, biais d'accès au soin.

Cet article décompose ces données pour mieux comprendre ce qui se joue, et donner aux femmes concernées - ainsi qu'à leurs proches - des repères clairs de prévention, de dépistage, et d'autonomie au quotidien quand la maladie a déjà commencé.

Statistiques 2024

Ce que disent les chiffres

En France, on estime à 1,5 million le nombre de personnes vivant avec une forme de DMLA - précoce, intermédiaire ou avancée. Les projections INSERM tablent sur 2,1 millions en 2040, sous l'effet du vieillissement.

La répartition par genre, observée dans plusieurs cohortes européennes (étude Rotterdam, Beaver Dam, ALIENOR à Bordeaux) :

  • DMLA précoce et intermédiaire : 60 % de femmes
  • DMLA atrophique (sèche, avancée) : 65 % de femmes
  • DMLA exsudative (humide, néovasculaire) : 62 % de femmes
  • Cécité légale liée à la DMLA : près de 70 % de femmes en France après 80 ans

Même en standardisant les données pour neutraliser l'effet âge, la sur-représentation des femmes persiste - typiquement de l'ordre de 15 à 20 %. L'INSERM parle d'une « disparité de genre robuste », c'est-à-dire qui résiste aux ajustements statistiques.

Hypothèses scientifiques

Hormones, génétique, mode de vie : quatre pistes

1. Le rôle protecteur - puis absent - des œstrogènes

Les œstrogènes ont un effet anti-inflammatoire et antioxydant sur la rétine. Avant la ménopause, les femmes bénéficient d'une protection naturelle ; après, cette protection s'effondre brutalement, alors que chez l'homme, la baisse de testostérone est progressive. Une étude de la Women's Health Initiative a montré une corrélation entre une ménopause précoce (avant 45 ans) et un risque accru de DMLA de 30 %.

2. Une espérance de vie supérieure - mais pas que

En France, les femmes vivent en moyenne 6 ans de plus que les hommes (85,3 ans contre 79,3 ans en 2024). La DMLA étant fortement liée à l'âge, mécaniquement, plus de femmes franchissent les seuils à risque. Mais comme indiqué, ce facteur n'explique qu'une partie de l'écart.

3. Des variants génétiques différemment exprimés

Les gènes CFH (complément H) et ARMS2 sont les deux marqueurs majeurs de la DMLA. Plusieurs études ont mis en évidence une pénétrance plus élevée chez les femmes, en particulier pour ARMS2. Autrement dit, à variant génétique égal, le risque clinique se manifeste plus souvent chez la femme.

4. Facteurs comportementaux et expositions

Une part des écarts pourrait s'expliquer par l'exposition différentielle à certains facteurs : carences en lutéine et zéaxanthine (les pigments protecteurs de la macula sont moins abondants dans certaines alimentations), expositions UV en lien avec un travail extérieur historiquement plus rare, mais aussi un recours plus tardif aux soins ophtalmologiques pour des raisons sociales et économiques.

Reconnaître les premiers signes

Symptômes : les signaux à ne pas manquer

Les symptômes de la DMLA ne sont pas réellement différents entre les hommes et les femmes, mais ils sont souvent diagnostiqués plus tard chez les femmes - notamment parce que les difficultés de lecture sont mises sur le compte de la presbytie ou de la fatigue.

  • Métamorphopsies : les lignes droites paraissent ondulées (linteaux de porte, carrelage, lignes de texte)
  • Scotome central : une tache grise ou noire au centre de la vision
  • Baisse de contraste : les visages deviennent plus difficiles à reconnaître, même proches
  • Besoin de plus de lumière pour lire (ampoules de plus en plus puissantes)
  • Difficulté à reconnaître les visages à plusieurs mètres
  • Couleurs moins vives, en particulier les rouges et les jaunes

Test simple à faire à la maison : la grille d'Amsler. C'est un quadrillage avec un point central. Si les lignes paraissent déformées ou si une zone manque, consultez sous 48 heures.

Prévention

Prévention par tranche d'âge

Avant 50 ans : poser les bases

  • Arrêt total du tabac (multiplie le risque de DMLA par 2 à 4)
  • Lunettes de soleil filtre UV 100 % toute l'année, y compris en hiver
  • Alimentation méditerranéenne (légumes verts, poissons gras 2 fois par semaine, huile d'olive)
  • Premier fond d'œil de référence à 45-50 ans

50 à 65 ans : surveillance active

  • Fond d'œil tous les 2 ans
  • OCT maculaire si antécédents familiaux
  • Test de la grille d'Amsler une fois par mois à la maison
  • Discussion sur le rapport bénéfice/risque du THM (traitement hormonal de la ménopause)

65 à 75 ans : suivi rapproché

  • Fond d'œil annuel
  • Complémentation envisagée selon recommandations ophtalmologiques (formules type AREDS 2 : lutéine 10 mg, zéaxanthine 2 mg, vitamine C, E, zinc, cuivre)
  • Adaptation immédiate de l'éclairage du logement (LED 3000K, sources multiples)

Après 75 ans : accompagner la baisse de vision

  • Bilan basse vision en service spécialisé (Quinze-Vingts à Paris, Rothschild, CHU)
  • Orientation vers ergothérapeute et instructeur en locomotion
  • Aides techniques : éclairage, contrastes, applications IA comme Lumyeye
  • Bilan de chute annuel - le risque de fracture du col du fémur est multiplié par 4 chez les femmes malvoyantes

Témoignage

Marguerite, 73 ans : « Je ne voulais plus sortir »

« Le diagnostic est tombé il y a 5 ans. Forme atrophique des deux yeux. Au début, je m'en sortais, je continuais à lire mes romans en gros caractères, à coudre. Et puis l'année dernière, je ne reconnaissais plus le visage de ma petite-fille de l'autre côté de la table. C'est là que j'ai compris que c'était devenu sérieux. »

« Je ne voulais plus sortir, j'avais peur de tomber, peur de ne plus reconnaître les gens. Mon fils m'a installé Lumyeye Pro sur mon iPhone, on a fait deux après-midis ensemble. Aujourd'hui je commande mes courses à la voix, je me fais lire mon courrier, et quand je vais au marché, je demande à mon iPhone ce qu'il y a devant moi. »

« Je n'ai pas récupéré ma vue. Mais j'ai récupéré le droit de sortir seule. »

- Marguerite, 73 ans, utilisatrice de Lumyeye Pro à Lyon. Témoignage recueilli en février 2026.

L'apport de l'IA

Lumyeye et l'autonomie au quotidien

La DMLA touche la vision centrale - exactement la zone qui sert à lire, reconnaître les visages, voir les détails. Les fonctions Lumyeye qui changent la vie au quotidien quand cette vision est altérée :

  • Lecture vocale : un courrier, une étiquette, une notice de médicament - l'iPhone lit à voix haute, sans effort de lecture
  • Description de scène : « Que vois-je devant moi ? » - l'IA décrit la pièce, les personnes, l'environnement
  • Reconnaissance d'objets : retrouver ses clés, son sac, sa télécommande
  • Identification de couleurs : assortir ses vêtements, trier le linge
  • Pilotage vocal : appeler, écrire un message, lancer Spotify ou Maps sans toucher l'écran

Spécifiquement pour la DMLA, la fonction description de scène en lumière forte compense le scotome central : on photographie, l'IA décrit, on n'a plus besoin de fixer la zone qu'on ne voit plus.

Pour en savoir plus, voir notre page dédiée : Lumyeye et la DMLA.

Inégalités d'accès

Des soins en théorie équitables, en pratique pas tant que ça

Les disparités de genre ne s'arrêtent pas à la biologie. Plusieurs études récentes - notamment du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes publiées en 2023 - pointent un retard de diagnostic chez les femmes pour plusieurs pathologies, incluant les maladies cardiovasculaires, neurologiques et oculaires.

En ophtalmologie, ce retard se manifeste de plusieurs façons :

  • Délai moyen de consultation plus long quand une baisse de vision s'installe (plus de tendance à attribuer à « l'âge », au stress, à la fatigue)
  • Acceptation plus difficile des injections intra-vitréennes pour la DMLA humide - alors qu'elles sont aujourd'hui le traitement de référence (anti-VEGF type aflibercept, ranibizumab, faricimab)
  • Aidance familiale moins reconnue : les femmes âgées sont plus souvent veuves, plus souvent seules pour gérer un suivi médical complexe
  • Adressage plus tardif vers les services de basse vision

Reconnaître ces écarts est le premier pas pour les corriger. Le 8 mars n'est pas qu'une date symbolique : c'est l'occasion de rappeler que l'égalité d'accès aux soins reste un combat très concret.

Questions fréquentes

DMLA et femmes : les questions récurrentes

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) protège-t-il de la DMLA ?

Les études sont contradictoires. Certaines cohortes montrent un effet protecteur modeste à court terme du THM bien conduit, d'autres aucun effet. Aucune recommandation officielle ne préconise un THM uniquement à visée ophtalmologique. La décision doit être individuelle, en concertation avec votre gynécologue et votre ophtalmologiste.

Quels aliments protègent vraiment la macula ?

Les pigments maculaires (lutéine, zéaxanthine, méso-zéaxanthine) sont présents dans les épinards, le chou kale, le brocoli, le maïs, les œufs. Les oméga-3 (poissons gras, huile de colza) ont un effet anti-inflammatoire sur la rétine. Le régime méditerranéen reste la référence validée par l'étude AREDS 2.

Faut-il prendre des compléments alimentaires « yeux » sans avis médical ?

Non. Les formules type AREDS 2 sont indiquées pour les DMLA intermédiaires ou avancées d'un œil. Chez les sujets sans DMLA, leur intérêt n'est pas démontré et certains dosages élevés en zinc peuvent poser problème. Demandez toujours l'avis de votre ophtalmologiste.

Les nouvelles thérapies (anti-VEGF, photothérapie) sont-elles accessibles aux femmes âgées ?

Oui, en principe sans restriction d'âge. En pratique, l'observance des injections mensuelles est difficile à maintenir en cas d'isolement. Les hôpitaux de jour ophtalmologiques (Quinze-Vingts, Rothschild, CHU régionaux) accompagnent ce parcours.

Reprendre le contrôle du quotidien.

40 demandes gratuites sur Lumyeye Pro. Pas de carte bancaire. Pas de compte à créer. Conçu pour celles et ceux qui vivent avec une DMLA, à tous les stades.

Sources et références

  • INSERM - Dossier DMLA, données épidémiologiques France 2024.
  • Étude ALIENOR (Bordeaux) - Cohorte sur la DMLA et le mode de vie.
  • Rotterdam Study, Beaver Dam Eye Study - Données cohortes internationales.
  • AMD Alliance International - Statistiques mondiales DMLA 2024.
  • Women's Health Initiative - Œstrogènes et DMLA.
  • Société Française d'Ophtalmologie - Recommandations DMLA 2023.
  • AREDS 2 Research Group - Age-Related Eye Disease Study 2, JAMA 2013.

Article informatif. Ne se substitue pas à une consultation ophtalmologique. Tout symptôme inhabituel justifie un avis médical rapide.